Gouvernance juridique et résilience des PME en contexte de transformation numérique

Titre du projet de recherche

Gouvernance juridique et résilience des PME en contexte de transformation numérique

Programme d’études visé

Structure de recherche associée au projet

Description du projet

Les petites et moyennes entreprises (PME) sont aujourd’hui confrontées à des transformations numériques, réglementaires et organisationnelles qui modifient profondément leurs pratiques de gouvernance. L’intégration de l’intelligence artificielle, l’automatisation des processus décisionnels et l’exploitation croissante des données s’accompagnent notamment d’exigences accrues en matière de conformité, de responsabilité, de cybersécurité et de protection des renseignements.

Si la littérature en gestion, en entrepreneuriat et en sciences des organisations analyse largement l’innovation, l’adaptation et la résilience des PME, les dimensions juridiques et institutionnelles demeurent encore insuffisamment intégrées à l’étude de ces phénomènes. Le droit est fréquemment appréhendé comme un environnement externe ou une contrainte réglementaire, plutôt que comme une composante des pratiques, des décisions et des dynamiques organisationnelles.

Ce projet doctoral propose d’étudier la manière dont les acteurs des PME interprètent, s’approprient et mobilisent les normes juridiques et institutionnelles dans leurs pratiques de gouvernance, ainsi que les effets de ces processus sur leur capacité d’adaptation et de résilience en contexte de transformation numérique.

Selon la problématique développée par la personne candidate, le projet pourra notamment porter sur :

  • l’appropriation des normes juridiques et réglementaires par les dirigeants et autres acteurs des PME;
  • les interactions entre conformité, pratiques de gouvernance et décisions organisationnelles;
  • les effets de la transformation numérique sur les responsabilités, les pratiques et les représentations des acteurs;
  • les relations entre environnements institutionnels, gouvernance et résilience organisationnelle;
  • les différences dans les pratiques d’appropriation et de mobilisation du droit selon les contextes institutionnels étudiés.

L’objectif n’est donc pas uniquement d’étudier le contenu des normes applicables aux PME, mais de comprendre comment le droit agit dans les organisations, comment les acteurs se le représentent et se l’approprient, et comment ces interactions participent à la transformation des pratiques de gouvernance.

Ancrage théorique et interdisciplinaire 

Le projet s’inscrit explicitement dans une démarche interdisciplinaire à l’interface du droit, des sciences de la gestion et des sciences sociales.

Selon la question de recherche retenue, différents cadres théoriques pourront être mobilisés, notamment :

  • la sociologie du droit;
  • les théories institutionnelles et néo-institutionnelles;
  • les théories de la gouvernance et des organisations;
  • les travaux sur la résilience organisationnelle;
  • les approches portant sur l’appropriation et la mise en œuvre des normes;
  • le Law & Management et les approches envisageant le droit comme ressource organisationnelle.

La personne candidate devra construire un cadre théorique cohérent permettant d’intégrer les apports de plusieurs disciplines afin d’étudier un phénomène humain, social et organisationnel complexe, conformément à l’orientation interdisciplinaire du Doctorat en sciences humaines appliquées. Cette formulation correspond directement aux objectifs officiels du programme.

Orientations méthodologiques 

La méthodologie sera déterminée en fonction de la problématique et du cadre théorique retenus.

Le projet devra toutefois s’inscrire dans une démarche de recherche propre aux sciences humaines et sociales et pourra notamment mobiliser :

  • des études de cas;
  • des entretiens semi-dirigés;
  • l’analyse documentaire;
  • l’analyse de discours;
  • l’analyse institutionnelle;
  • l’analyse des pratiques organisationnelles;
  • une approche comparative lorsque celle-ci est scientifiquement justifiée.

Une analyse juridique ou normative pourra être intégrée à la recherche, mais elle devra être articulée à une démarche permettant d’étudier les pratiques, les représentations, les comportements ou les dynamiques organisationnelles des acteurs concernés.

Une dimension comparative — interprovinciale ou internationale — pourra également être développée lorsqu’elle permet de mieux comprendre l’influence différenciée des environnements juridiques, sociaux et institutionnels sur les pratiques de gouvernance et la résilience des PME.

Contribution scientifique attendue

Le projet s’inscrit dans un programme de recherche consacré à la gouvernance juridique des PME, à la gestion des risques juridiques et à la résilience organisationnelle.

Il vise à contribuer au développement d’une compréhension interdisciplinaire du droit dans les organisations en dépassant une conception exclusivement normative de celui-ci pour analyser son rôle dans les pratiques, les décisions et les processus organisationnels.

Le projet devra conduire à la production de connaissances susceptibles d’alimenter des publications scientifiques dans les domaines du droit des affaires, de la gouvernance, de l’entrepreneuriat, du management et des sciences sociales appliquées.

Direction de recherche

Selon le domaine d’étude de l’étudiant ou de l’étudiante, différentes possibilités de direction et de codirection existent.

Direction principale :
Rodrigue Ebata, Ph.D.
Professeur en droit des affaires

Selon la problématique retenue et le profil de la personne candidate, une codirection pourra être envisagée avec une professeure ou un professeur possédant une expertise complémentaire, notamment en entrepreneuriat, management, sciences des organisations, systèmes d’information ou dans une autre discipline pertinente.

Cette complémentarité vise notamment à renforcer l’intégration interdisciplinaire du projet.

Profil recherché

La personne candidate doit :

  • être titulaire d’un diplôme de deuxième cycle pertinent;
  • posséder une formation ou une expérience significative en recherche;
  • avoir un intérêt marqué pour les PME, la gouvernance, le droit, les organisations ou la transformation numérique;
  • démontrer une réelle ouverture à la recherche interdisciplinaire et aux approches issues des sciences humaines et sociales;
  • faire preuve d’autonomie, de rigueur et de maturité intellectuelle;
  • posséder de bonnes capacités de rédaction scientifique en français et, idéalement, être en mesure de travailler avec la littérature scientifique anglophone;
  • manifester un intérêt pour la production et la valorisation de travaux scientifiques.

Les candidatures provenant du droit, de la gestion, de l’entrepreneuriat ou d’autres disciplines pertinentes des sciences humaines et sociales sont particulièrement bienvenues.

Financement

Un accompagnement pourra être offert pour l’identification et la préparation de demandes de financement auprès des organismes et programmes de bourses pertinents, notamment le PBEEE pour les candidatures internationales, ainsi que les concours du CRSH, du FRQSC et d’autres organismes, sous réserve des conditions d’admissibilité applicables.

Des possibilités d’intégration à des projets de recherche financés ou en développement pourront également être envisagées selon les projets, les ressources disponibles et le profil de la personne candidate.

Date du début du projet ou trimestre ciblé

Automne 2027

Comment postuler

   Faites parvenir un courriel à rodrigue_ebata@uqac.ca

Documents exigés

  • CV détaillé
  • relevés de notes;
  • lettre d’intention présentant les intérêts de recherche et leur adéquation avec le projet;
  • proposition préliminaire d’une question ou d’une problématique de recherche;
  • échantillon de rédaction scientifique, lorsque disponible.

Cette évaluation préliminaire par le directeur de recherche est distincte de la demande officielle d’admission au Doctorat en sciences humaines appliquées.

La candidature officielle devra satisfaire à l’ensemble des conditions et fournir les documents exigés par le programme, notamment une esquisse de projet de thèse de 750 à 1 000 mots faisant ressortir la question de recherche, la pertinence scientifique et sociale et le caractère interdisciplinaire du projet, trois lettres de recommandation ainsi qu’une lettre d’appui de la professeure ou du professeur pressenti pour la direction.

Professeur à l'Université du Québec à Chicoutimi